LANGUE ET CULTURE

Parler Vietnamien: Trousse de Survie
Remarque: Cette section ne prétend pas remplacer un manuel de conversation, que vous pourrez d’ailleurs aisément acheter à n’importe quel petit vendeur de cartes postales ou à chaque coin de rue. Cependant, elle vous donnera quelques précieux conseils que vous ne trouverez pas dans les ouvrages plus conventionnels.
Pourquoi se donner la peine d’apprendre le vietnamien?
Disons les choses comme elles sont, à moins d’être chinois, apprendre le vietnamien n’est pas une mince affaire. Pourquoi se donner cette peine alors? Parce que:
• C’est un vrai défi!… Et si vous n’aimiez pas les défis, vous ne seriez probable¬ment pas en train de courir le vaste monde.
• C’est la meilleure fenêtre imaginable sur la culture vietnamienne. Apprendre ne seraient-ce que quelques rudiments vous permettra de mieux comprendre ce pays et ses habitants.
• C’est un excellent moyen de briser la glace et cela vous aidera à entrer en contact avec les gens au marché, dans la rue ou dans les villages.
• Les vietnamiens sont très reconnaissants envers ceux qui font l’effort de s’y mettre. On vous gratifiera de plus de sourires, de rapports plus amicaux et de meilleurs prix si vous essayez de bredouiller dans la langue locale.
• Et malgré tout, le vietnamien présente aussi quelques facilités. Si, si, vraiment! C’est une langue à l’orthographe totalement phonétique, dotée d’une grammaire extrêmement simple sans conjugaisons, ni temps ou personnes, sans genres ni pluriel.

Voir plus: Randonnée à ha giang | tour Ninh Binh | voyage vietnam 12 jours | vietnam cambodge 2 semaines

Mais pourquoi ne me comprennent-ils pas?
L’une des pires irritations, sur le chemin pavé de difficultés qu’est l’apprentissage de cette langue, est l’apparente incapacité des Vietnamiens à nous comprendre – même si selon nous, nous avons produit une formulation très honnête.
Après plusieurs essais infructueux, quelqu’un parmi la foule qui n’aura pas manqué de se rassembler pour « aider », semblera miraculeusement avoir un déclic et répétera votre phrase à la ronde devant les Oh! et les Ah! du public.
Et vous bouillonnerez…
« Mais c’est exactement ce que je me tue à leur répéter depuis 5 minutes! »
SACHEZ que les Vietnamiens ne comprennent pas facilement les accents étrangers. En effet, ayant eu auparavant peu de contact avec le monde extérieur, ils ne sont pas habitués à entendre leur langue déformée par des accents « exotiques », comme nous pouvons l’être nous-mêmes.
RÉALISEZ bien que les tons sont aussi importants que les consonnes et les voyelles, et que les Vietnamiens ont du mal à deviner les tons ou à faire le rapport entre deux mots à la même orthographe, mais avec des tons différents.
NE SOYEZ PAS TIMIDE… sortez et lancez-vous. Attendez- vous à quelques gloussements et à quelques regards médusés, mais aussi à de nombreux encouragements.
N’ATTENDEZ PAS beaucoup d’aide de la part de vos amis dans votre quête de l’idiome. Ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas ou qu’ils sont timides, mais plutôt parce que comprendre les spécificités et les difficultés de sa propre langue, ne vient pas automatiquement avec la langue elle-même. C’est pour cela qu’on a créé les professeurs!
PRENEZ DES COURS. Si vous voulez sérieusement vous y mettre, vous trouverez des cours un peu partout.
Tout le monde a de l’oreille
« Je ne peux pas apprendre le vietnamien car je n’ai pas l’oreille musicale. »
C’est probablement l’excuse – facile – la plus courante. Il est intéressant de savoir que ce n’est pas l’impossibilité d’entendre les tons chez les autres qui est en jeu, mais bien, la capacité d’entendre et de maîtriser sa propre voix.
Toutes les langues – à part, peut-être certains messages vocaux générés par ordinateur – utilisent les inflexions et les intonations.
Il est par exemple, facile de. distinguer le sens de deux énoncés identiques, grâce à la mélodie:
« C’est mon chien. » ou « C’est mon chien? »
Une personne totalement dépourvue d’oreille aurait d’ailleurs bien du mal à comprendre le français ou n’importe quelle autre langue pour cette raison.
ESSAYEZ DE REPÉRER les intonations et inflexions que vous utilisez dans votre propre langue. Vous devrez apprendre à les contrôler.
Essayez l’exercice suivant et prononcez J’ai dit oui et faites varier le sens juste par l’intonation:
– J’ai dit oui? (Surprise et interrogation rendues par un ton montant – J’ai dit ça, moi?)
– J’ai dit oui! (Enthousiasme et détermination rendue par un ton haut avec une accentuation sur le oui – Ça y est, j’ai accepté!)
– J’ai dit oui. (Par opposition à d’autres personnes, rendu avec un accent appuyé sur le j’ai – C’est moi qui l’ai dit)
– J’ai dit oui. (Ton monocorde et sans accent, comme la voix synthétique donnée aux robots dans les films)
Alors, si vous n’avez vraiment pas d’oreille… devant monsieur le Maire, vous avez dit quoi déjà ???
Dans la plupart des langues occidentales, les intonations montantes sont utilisées dans de nombreux contextes: pour les questions, pour exprimer l’incrédulité, demander confirmation, ou simplement elles entrent dans la mélodie de la phrase (pensez à l’accent particulièrement chantant des gens du Sud de la France »)
En Vietnamien, vu que le ton modifie le sens d’un mot, une question à l’occidentale avec un ton montant – à moins, bien sûr, que le dernier mot de la phrase ne comporte réellement un accent montant – laissera votre interlocuteur interloqué.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*