LE NORD ET LE SUD

Différences de culture, langue et mentalité
Le Vietnam forme certes un seul pays, mais les variations régionales sont importantes, quelles relèvent de l’histoire, de la langue, des mentalités ou de la culture. En résumé, tout le monde s’accorde généralement pour dire que les gens du Nord sont plus attachés aux valeurs traditionnelles, alors que ceux du Sud seraient plus ouverts aux idées nouvelles et auraient davantage la fibre des affaires. De même, alors que Hanoi est à la fois la capitale et le centre politique du pays, Hô Chi Minh-Ville et les provinces du Sud en sont les bastions économiques.
En matière de religion, les habitants du Nord pratiquent une forme plus diluée de bouddhisme, davantage influencée par le confu¬cianisme et les croyances traditionnelles. Le canevas religieux est plus varié dans le Sud : une forme plus conventionnelle de boud¬dhisme cohabite avec le catholicisme, le caodaïsme et la secte hoa hao.
Hué, dans le Centre, était autrefois la capitale du pays. Cette région a gardé des liens très forts avec son passé glorieux. Noblesse, sophistication et culture font la fierté de ses habitants.
Gastronomie : le bon, le fade et l’exotique
De gustibus et coloribus non disputandum (les goûts et les couleurs ne se discutent pas), disaient les anciens. Chaque région, pour ne pas dire chaque ville du Vietnam vous jurera qu’elle possède sans comparaison la meilleure cuisine du pays. Notre préférence va pourtant à celle du Centre, avec ses gouts subtils et sophistiqués. Les plats du Nord auraient tendance à manquer un peu de saveur. Quant à ceux du Sud, ils pêcheraient plutôt par excès de notes sucrées. Mais, ne prenez pas nos paroles à la lettre.
FAITES vos propres expériences culinaires. Reportez-vous à notre section Se loger et se nourrir pour une liste de plats exotiques à ne pas manquer.

L’après-guerre
Au-delà des mentalités, de la culture et de la gastronomie, les opinions politiques et les perspectives historiques distinguent toujours le Nord du Sud. L’expérience montre que les guerres civiles laissent inévitablement des cicatrices, qui peuvent mettrent des centaines d’ année à cicatriser ou, tout au moins, une bonne génération d’après-guerre.
Même si les Vietnamiens sont généralement très doués pour enterrer le passé, on peut toujours percevoir l’immense fossé qui sépare le Nord et le Sud. Beaucoup de ceux qui se sont retrouvés du côté des vaincus éprouvent encore aujourd’hui méfiance, rancune, voire haine pour le parti au pouvoir.
POSEZ DES QUESTIONS si le sujet vous intéresse, mais respectez le silence de ceux qui ne veulent pas réveiller de pénibles souvenirs.
ÉVITEZ DE PRENDRE PARTI dans une lutte qui a blessé les deux côtés. Elle a permis de libérer le pays du joug des puissances colonialistes, mais l’a aussi dévasté. Le Vietnam a maintenant tout le futur devant lui. De nombreux dirigeants de toutes les régions s’efforcent vaillamment de le tirer de la pauvreté. Plus de la moitié de la population n’a jamais connu la guerre, et d’ici quelques années, ce sont bientôt ces jeunes qui seront au pouvoir. La transition de l’après-guerre à une ère nouvelle de baby-boom et d’essor économique sera alors complète.

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