LES GUERRES 2

Le blues de la DMZ
Après la défaite des Français à Dien Bien Phu, en 1954, les accords de Genève déclaraient la partition temporaire du Vietnam, de part et d’autre de la rivière Ben Hai, près du 17e parallèle. Cette séparation ne devait durer que 300 jours, jusqu’aux élections nationales. Mais ces élections n’ont jamais eu lieu, et avec l’inter¬vention américaine, la ligne de démarcation (connue sous le nom de Zone démilitarisée, et abrégée en DMZ en anglais), devint vite un no maris land, sur plus de 5 km de chaque côté.
Le long de cette bande de terre, s’étirant de la mer de Chine à la frontière laotienne, vous trouverez les sites de guerre les plus publicisés: Khe Sanh, la colline Rockpile Hamburger, Camp Carroll, etc.
PRENEZ un des circuits organisés depuis Hué. Ils sont généralement bien faits et bon marché, et comme la plupart des sites ont presque disparu, il vous serait très difficile de les retrouver par vous- même. La majorité des bases militaires ne sont plus aujourd’hui que de paisibles collines où vous n’apercevrez les cratères de bombes ou débris d’armement qu’après une observation minutieuse. Les effets de l’agent orange sont assez visibles mais, encore une fois, il faut savoir que les buissons rabougris que l’on voit remplacent ce qui était autrefois une jungle tropicale luxuriante.
N’ESPÉREZ PAS voir de nombreuses traces physiques de la guerre contre les Américains. Les campements ont pratiquement disparu. Seules restent quelques tranchées ou un plateau stérile entouré de collines broussailleuses. Cependant, toutes les mines antipersonnelles n’ont pas encore été enlevées, alors…
NE RAMASSEZ JAMAIS des explosifs non désactivés, détonateurs ou autres, à moins qu’ils n’aient été désarmés au préalable par des professionnels.
NE FLÂNEZ PAS
hors des sentiers battus, vers les zones que les guides vous indiquent comme hors limites et pouvant contenir des explosifs non désactivés.
Au bout du tunnel
Les deux systèmes de réseaux souterrains creusés par les Vietnamiens du Nord sont ceux de Vinh Moc et de Cu Chi.
Les villageois’tle Vinh Moc se trouvaient à seulement quelques kilomètres ap/nord de la DMZ, ce que les militaires américains appelaient/ta zone de libre tir. Sous le feu constant des attaques des bombardiers et de l’artillerie, ils passaient de petits abris familiaux à des/abris encore plus profonds, creusés dans cette argile rouge. Bientôt, l’ensemble des 1200 habitants quitta la surface de la terre pour aller s’installer dans ces 2,8 km de tunnels souterrains agrémentés de cuisines, cliniques, écoles, puits, systèmes d’aération, etc.
NE MANQUEZ PAS d’aller visiter ce site. Les tunnels ont été laissés en l’état d’origine (contrairement à ceux de Cu Chi) et ont conservé leur taille originale. De plus, les guides locaux (indispen¬sables pour ne pas se perdre dans ce labyrinthe souterrain) sont de vraies « mines » d’informations.
Une visite dans les tunnels de Vinh Moc risque d’être éprou¬vante pour ceux qui souffrent de claustrophobie. En tout cas, c’est une bonne façon d’évaluer votre degré de tolérance aux espaces clos. Pour une expérience moins extrême, mais néanmoins fascinante, vous pouvez aussi visiter les tunnels de Cu Chi.
Ce site a été tout spécialement aménagé pour accueillir les touristes. Il offre une petite salle de projection, des guides qui vous accompagnent sur un circuit préétabli, une exposition de la panoplie de pièges utilisés par les combattants du Nord, ainsi que des sections de tunnels élargies pour laisser passer les touristes, des modèles de tanks et autres équipements militaires, et même un stand de tir où vous pouvez essayer des fusils américains, russes ou chinois.
Les tunnels de Cu Chi
La construction des premiers tunnels commença en fait à l’époque de la domination française, et elle s’étendit sur 25 ans. Le réseau est immense, avec plus de 200 km de galeries dans le seul district de Cu Chi. Certaines ramifications atteignent même la frontière cambodgienne. Ce réseau à plusieurs niveaux comprenait des quartiers résidentiels, « des cuisines Dien Bien Phu », qui évacuaient la fumée d’une manière indépistable vue d’avion, une usine d’armement, des centres de commande et même des hôpitaux de terrain.
De façon assez ironique, les Américains qui ignoraient l’existence de ces tunnels installèrent une base de campement importante juste au-dessus du réseau. Il leur fallu des mois pour comprendre comment, durant la nuit, des soldats étaient tués jusque dans leur propre tente.
Les Américains et les Australiens tentèrent tout un éventail de méthodes pour « pacifier » la zone autour de Cu Chi, con¬nue à l’époque comme le « triangle de fer ». Mais ni les bombes, ni le napalm, le défoliant, les chiens de chasse ou les « rats de tunnels » ne parvinrent à déloger les guerriers Vietcongs.
En 1969, les Américains décidèrent de bombarder systématiquement toute cette zone avec des B-52, ce qui en fit la région la plus « bombardée, criblée d’obus, gazée, défoliée et dévastée de toute l’histoire de la guerre. » Bien qu’ils parvinrent à détruire la plus grande partie du réseau, et tout ce qui l’entourait, il était déjà trop tard : la guerre s’achevait. Et ces tunnels ont été pour beaucoup dans la victoire des Vietcongs.

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