LES GUERRES

La longue lutte anti-colonialiste
« Guerre du Vietnam » sont les premiers mots qui viennent à l’esprit de nombreux voyageurs débarquant pour la première fois. Aussi évocatrice soit-elle pour les Occidentaux, pour les Vietnamiens cette expression pourrait désigner aussi bien la guerre contre les Français, que celle contre les Japonais, les Américains, les Cambodgiens ou les Chinois.
Pour la plupart des Vietnamiens, cette Guerre contre les Améri¬cains (comme ils l’appellent plus judicieusement ici) ne constitue qu’une des batailles de cette longue lutte de 128 ans pour libérer le pays de l’emprise coloniale et protéger ses frontières. En fait, depuis la première incursion de la marine militaire française à Danang, en 1847, le pays n’a pratiquement jamais connu la paix avant les conflits qui ont suivi la chute de Saigon des troupes communistes, en avril Après la réunification du pays en 1975, le Vietnam a repris les armes par deux fois, d’ abord au Cambodge, puis en Chine, à la frontière nord. La paix n’a véritablement commencé qu’en 1979.
NE SOYEZ PAS SURPRIS si la Guerre contre les Américains ne paraît pas aussi importante pour les Vietnamiens quelle ne l’est apparue dans l’Ouest. Penchez-vous sur l’histoire récente et vous verrez pourquoi Dien Bien Phu est une victoire militaire célébrée autant – sinon plus – que celle contre les Américains.
La plupart des Vietnamiens préfèrent oublier, sans s’attarder sur le passé ou cultiver de vieilles rancoeurs. Et avec la nouvelle prospérité, tous les yeux sont tournés vers le présent et le futur.
SACHEZ cependant que l’on ne peut oublier tant de souf¬frances ayant entraîné la perte d’êtres chers et de parents. De nombreux Vietnamiens se souviennent aussi de la ferveur nationaliste, des idéaux pour lesquels ils ont lutté et des valeurs familiales. Beaucoup de ceux qui ont connu la guerre sont nostalgiques et s’attristent de voir que l’égoïsme semble avoir remplacé les valeurs traditionnelles.
L’héritage de la guerre
La Namstalgie, comme l’appelle le photographe de guerre Tim Page, est l’effet le plus persistant du syndrome vietnamien.
Les voyageurs, principalement les Américains, accourent encore au Vietnam en espérant y voir des vestiges de la guerre à chaque coin de rue. Le fait est, et c’est tant mieux, que la plupart des effets visibles de la guerre ont disparu. Ce qu’il en reste, et c’en est assez pour satisfaire les namstalgiques, se trouve dans les musées, certains sites protégés, dans les aéroports ou les camps militaires, et dans des zones géographiques bien circonscrites où l’on démine encore et où il reste de l’agent orange.
Ce qu’il reste à voir
Musées
Le musée de la Guerre (Hanoi)
Le musée des Femmes (Hanoi)
Le musée de l’Aviation (Hanoi)
Les musées d’Hô Chi Minh (Hanoi et Hô Chi Minh-Ville) Le musée des Crimes de guerre (Hô Chi Minh-Ville)
Le musée de la Révolution (Hô Chi Minh-Ville)
Le palais de la Réunification (Hô Chi Minh-Ville)
Sites intressants
Dien Bien Phu
La zone démilitarisée ou DMZ
Duong Truong Son ou la piste Hô Chi Minh, ainsi que le cimetière national Truong Son
Les tunnels de Cu Chi
Dans les Aéroports
En arrivant en taxi à l’aéroport de Tan Son Nhat, à Hô Chi Minh-Ville, vous pouvez toujours apercevoir les hangars de béton, ainsi que quelques appareils et hélicoptères d’époque.
À Nha Trang, l’aéroport militaire est adjacent à l’aéroport de tourisme et l’on aperçoit régulièrement des avions de chasse en train de décoller, de tournoyer ou d’atterrir.
À la campagne
De gros camions de l’armée américaine toujours en usage dans le Sud.
Des armes anti-missiles et les sites de missiles le long de la côte nord du Vietnam (bien que la plupart soient toujours hors des limites visitables).
Quelques bunkers de béton, datant principalement de la période française.
Autres
Boutiques de souvenirs. A Hanoi et Hô Chi Minh-Ville, certaines boutiques proposent une incroyable collection d’imita¬tions de Zippos portant des logos militaires, de plaques d’identification et autres souvenirs de guerre.
Encore plus intéressant, serait de visiter les ateliers qui fabriquent ces « antiquités ».
La fascination pour les jouets de guerre transcende les barrières culturelles. À l’aéroport de Hanoi, les parents achètent à leurs enfants des modèles réduits d’avions de chasse ou drapeaux américains/et autres décalcomanies. De plus, à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville, les boîtes de conserve recyclées servent à fabriquer des œuvres d’art assez singulières qui vont des casquettes de baseball aux hélicoptères.
Plus difficile à voir
Les villes reconstruites. Vinh, par exemple, a été tellement bombardée pendant la guerre que c’est une ville totalement reconstruite, qui plus est, dans le style blocs de béton à la mode Europe de l’Est.
Les ravages de l’agent orange. À moins d’être bien entraîné, il est difficile de repérer à l’oeil nu les effets de la dioxine. Mais une visite dans n’importe lequel des villages de la Paix vous montrera l’une des plus monstrueuses horreurs de la guerre: l’effet persistant et toujours dévastateur de la dioxine sur les nouveaux-nés.
Les cratères de bombes sont partout, mais comme ils sont généralement convertis en étangs, ils sont difficiles à reconnaître.
APPORTEZ vos guides lorsque vous visitez les sites et les musées. Les explications sur place se font rares, et sont essentiellement en Vietnamien.

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